Et de trois !
Décidément, en ce début d'année prometteuse, les femmes donnent l'exemple. Après les deux journalistes qui ont refusé la légion d'honneur, Michèle Audin, professeur de mathématiques à l'Université de Strasbourg vient de décliner l'invitation de Nicolas Sarkozy. Comme elle l'affirme elle-même, cette proposition présentait un caractère largement indécent, une sorte de hochet en compensation du silence de l'Etat au sujet de la disparition de son père.
Les faits : Maurice Audin, père de Michèle, enseignant de mathématiques à Alger, membre du Parti communiste algérien, disparait mystérieusement en 1957, en pleine guerre d'Algérie. Quand on parle de mystère pour cette période, bien entendu, tout est relatif. Enlevé par les paras le 11 juin 1957, on ne retrouvera jamais sa trâce, en dépit des demandes d'éclaircissement de la famille. Souvenons-nous qu'à cette date, c'est encore le catastrophique Guy Mollet qui occupe l'Hôtel Matignon. Et qu'à cette époque, un certain Maurice Papon sévit à Constantine avant de revenir à Paris pour organiser la répression contre les Algériens de métropole.
Au demeurant, ledit Papon s'est fait, lui, enterré avec ses insignes de la légion d'honneur. Bien qu'il en ait été déchu au terme de son procès, nul n'a osé s'opposer aux dernières volontés de ce criminel de guerre.
Dans ce contexte, Michèle Audin a fait preuve d'une cohérence courageuse. Accepter de se compromettre avec le pouvoir en acceptant la légion d'honneur aurait représenté une compromission inique. Bravo Madame Audin ! Belle leçon de courage !
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