Ferveur de Lisbonne
J'ai failli vous parler ce soir de Gaza ou, encore une fois de l'aliénation. Finalement, je m'en tiendrai à mon idée première. Vous dire deux mots de Lisbonne, cette ville douce et lumineuse comme un sourire.
Parmi les capitales que je connais, il fallait que je me demande pourquoi elle m'était si chère. Il y a Rome, le berceau de notre monde, de la liberté de penser, de la civilisation. Rome m'impressionne. En regardant le forum, je me suis senti délicieusement écrasé par le poids du destin, par le "Désormais, nous autres, civilisations, savons que nous sommes mortelles.", Toynbee et le reste. Je n'aime pas Athènes, mais je n'y étais pas un jour d'émeute. Je n'aime pas Paris, ni Paris, ni Londres. Sans doute faudrait-il que je retourne à Amsterdam et à Bruxelles.
Reste Lisbonne. Bien sûr, c'est la ville de Marina, mais l'explication paraît par trop facile. Après tout, Marina aime bien Paris. Moi pas. Je n'y suis que par nécessité.
J'aime tant marché dans Lisbonne, des heures, des jours, à la rencontre de ces boutiques oubliées des standards commerciaux, ces épiceries, ces bouquinistes, ces bazars incongrus. Lisbonne est la ville des contrastes, entre une richesse parfois insolente et une pauvreté flagrante, entre une américanisation rampante et une identité qui perce derrière chaque châle noir que portent les vieillens, entre une modernité orgueilleuse et une tradition jalousement gardée. Tout comme ses pavés de marbres, noirs et blancs qui font des rues des morceaux d'échiquiers accolés en patchwork.
Lisbonne est une ville où il fait bon aimer, au fil du Tage, au fil du tram, au fil de la Baixa ou du Chiado. Où il fait bon regarder dormir sa mi, et déguster des lulas, les yeux dans les yeux, autour d'un verre de Dao. Où il fait bon se tenir la main, étonné de la première cervejaria qu'on croise sur sa route avec ses azulejos et ses tables de bois. Où je lis le monde dans le regard de Marina.
Suis-je plus avancé ? Il faudra que j'y retourne.
PS : En plus, j'étais très fier de voir Et c'est ainsi qu'Hiram est grand, à la Fnac et chez Bertrand. Un livre né dans une flanerie dans les jardins de Sintra, il y a trois ans.

Comments
Bises
Oui, j'adore Lisbonne moi aussi… Lo Chiado, les rues pavés, les maisons de fado, cette nostalgie d'un passé qui prend possession de toi… J'adore les balades autour du château Saint Jorge le jour des puces… J'adore le musée de la marine face à Torre de ßelém…
Tu étais à Lisbonne il y a peu, non…? Ton livre vient d'arriver à la Fnac, vers la mi novembre, si je suis tes écritures convenablement… lol
C'est au Palais de Cintra que mon vertige (la peur du vide) est née…
Lisbonne réchauffe le coeur. Des envies de voyages me prennent d'assaut.