Les amants séparés
Au milieu de l’Océan, trônait un îlot,
Inondé de solitude, giflé par le vent.
Un jour, la mer l’avait amputé de la terre,
De celle que, de tout son cœur, il avait aimé.
Il voulut se réfugier dans la liberté,
Dans la vaine illusion de la liberté.
Mais nul orgueil, nulle fierté ne l’avait consolé.
Sur ses flancs blessés, les vagues laissaient des larmes
La nuit, le jour, l’îlot demandait pitié.
La lune, les mains jointes, il avait imploré.
Le soleil, à genoux, il avait supplié.
Ses cris, le flot et le vent toujours les étouffaient,
Avant, longtemps avant qu’ils atteignent l’aimée.
Parfois, de ses sanglots lui revenait l’écho.
De sa peine, alors, il se croyait soulagé.
Un instant, il pensait que quelqu’un l’entendait.
Puis il rouvrait les yeux sur sa solitude,
Sur le froid silence des étoiles, de l’azur.
La mer, impuissant, il l’avait détestée.
Mais que pouvait-il faire contre l’abîme ?
Comment lutter contre le monde entier ?
La mort, chaque matin, il avait réclamée.
Mais toujours l’espoir fou l’avait ressuscité.
Ainsi, il souffrit des siècles, des millénaires.
Et, au terme des ans, enfin, Neptune prit pitié.
Une tempête au printemps, d’un coup le submergea.
Au soir, l’îlot alla épouser le néant.
Comments
L'espoir aide à (sur)vivre…
Ca a de la gueule !
Personnel, un peu. Marina est partie chez sa mère (la mer) pour et je déteste être séparée d'elle même pour deux jours.
Mais heureusement, je la retrouve demain pour le dîner.
Demain le retour du bonheur, tout va bien alors...