Nancy Huston : Dolce Agonia
Il faut bien que Marina me guide à travers la littérature contemporaine, sinon je resterais cloitré dans les temps anciens, dans la gloire du roman français entre le XVIII è et les années 70 du XX è.
Donc, la semaine dernière, dans le train entre Paris et LIsbonne, me voilà plongé sur ses conseils, dans Dolce Agonia de Nancy Huston, à des années-lumière et de Zola et du Nouveau Roman. Un roman métaphysique, genre dont je ne croyais plus l'écriture possible en cette brillante époque d'occultation de la mort et du fatum. Au contraire, on apprend ici que la mort demeure au centre de l'existence, la mort de l'autre comme autre soi-même, sa propre mort aussi, inconsciente puisque jamais personne n'a eu loisir de l'analyser a posteriori. La mort à toutes les pages, avec son tragique et le sens qu'elle peut donner à l'existence. Avec son côté innéluctable et, paradoxalement imprévisible. Avec son utilité surtout : la ruine des vanités. La mort comme l'envers de la vie, ordonnancée par un dieu sans grandeur, jouant avec ses créatures comme enfant avec soldats de plomb. Il faut bien de temps en temps que la littérature renvoie à la condition humaine et ne se contente pas de nous emmerder avec les expériences psychanalitiques de nos bons auteurs intimistes. Il n'est pas toujours facile d'écrire la mort et Huston y parvient avec l'ironie et la tristesse qui convient au sujet.
Une réserve quand même. Quand Nancy Huston s'abandonne à des considérations sur l'actualité plus ou moins proche, cela pue le bon sentiment à plein nez. Tchernobyl, la Palestine, l'Ukraine, l'Afrique du Sud. Il ne manque que les bébés-phoques et la Betencourt. Tout cela relève d'une connaissance superficielle et consensuelle, digne du JT.
Comments
Sur le sujet, je ne connais plus beau texte que celui de Vladimir Jankélévitch ... et on n'a pas les considérations genre café du commerce sur les BB phoques and C° ! ...
Bel effort tout de même et belle note qui à la fois invite et met en garde ! ... Amitiés