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Ma ferme à moi, mon champ, mon domaine,
C'est l'amour, l'intelligence, la beauté et la lutte
Et en bon paysan, j'en chasse les taupes, les renards et le chiendent
Il s'est passé quelque chose aujourd'hui. Quelque chose que nous étions nombreux à attendre depuis des années.
Le retour de la conscience de classe.
Ceux qui étaient dans les cortèges parisiens avaient compris. Les slogans ne portaient plus uniquement sur les salaires et le pouvoir d'achat, mais hurlaient le rejet du système et de l'exploitation des salariés par le patronat.
"Marre de travailler pour des gus incultes, anti-sociaux et anti-écolos" (Je trouve que l'inculte résume le reste et est tellement vrai)
"Les patrons licencient. Licencions les patrons" : tout est dit.
Naturellment le patronat et son faototum Sarkozy ne vont rien comprendre à ce qui se passe. Tant mieux. Avec trois millions de personnes, on peut espérer un durcissement du mouvement et la poursuite de sa radicalisation. A ce moment, il y aura vraiment quelque chose à faire, une vraie perspective de changement
Je serais patrons, je commencerais à avoir peur et à en rabattre.
En prime, ma fille Clara, 6 ans. D'elle aussi je suis très fier.
Ainsi parlait Sarkozy.
Si l'on traduit, il entend réhabiliter le vol, l'hypocrisie, l'exploitation, le mensonge, le culte de l'ignorance et de la bêtise, l'égoïsme, l'esclavage, voir le meurtre. Ne manque que les bûchers et le bagne pour mettre un comble à ce retour de la barbarie.
Les Français sont moins stupides que vous ne le pensez, mon pauvre monsieur.
Le 19 mars ils vous en donneront la preuve.
Depuis quinze jours, j'ai voulu reprendre Marx, depuis le début en quelque sorte, puisque je me fie à l'ordre de La Pléïade. C'est ainsi que je me suis accroché d'abord à Misère de la philosophie, cette critique de la Phililosophie de la misère, écrite par Proudhon. J'avais déjà essayé de m'y plonger une fois et je m'étais noyé dans les vingt premières pages. Ce n'est sans doute pas le meilleur texte de Karl; Au moins faut-il dépasser la première partie, polluée par une analyse quantitabive rasoir pour trouver les fulgurances qui traversent les écrits du père du Communisme moderne.
Ensuite, j'ai attaqué le Discours sur le libre-échange. Là, révélation, l'analyse est applicable en tout à la mondialisation actuelle. Les mécanismes utilisés par les bourgeois pour faire baisser les salaires grâce à la baisse des prix des produits courants s'avère lumineuse et d'une vérité criante sur moyenne période. Dans la description des prétextes que déblatèrent les bourgeois pour justifier la stagnation des salaires, on croirait du Sarkozy. Vous savez son truc qui consiste à dire qu'il faut faire jouer la concurrence pour augmenter le pouvoir d'achat. Vieille argument qu'utilisaient déjà les libres-échangistes du Dix-neuvième siècle.
Enfin, Le Manifeste. Pour ce dernier en date, je n'en étais pas à mon coup d'essai. Et à chaque nouvelle lecture, la même impression me gagne. Texte remarquable, aussi bien sur le fond que sur le style. Splendide dénonciation du cynisme bourgeois, des dérèglements politiques, économiques et sociaus qu'engendre la propriété bourgeoise, y compris dans les rapports amoureux, que les bourgeois n'envisagent qu'à travers leur dieu l'argent. L'amour dévoyé partout en prostitution sous la férule bourgeoise. Prostitution de la femme dont le mariage ne se justifie que pâr la recherche du gain, des prolétaires soumises aux volontés des patrons. C'est un aspect du Manifeste, celui qui traite du mariage et de la famille que l'on néglige souvent. Pourtant, il montre un Marx sensible, qui se révolte contre la négation de l'amour qu'engengre le capitalisme.
Marx, pensée incontournable de notre époque, comme disait Sartre ?. Bien plus qu'une pensée. Une lecture indispensable de l'histoire et de notre temps Quiconque n'a pas lu au moins Le Manifeste ne devrait pas se risquer à parler politique ou économie.
X Deux naïfs, Martin Hirsch et Laurent Wauquiez. L'un parce qu'il appelait Total à favoriser les créations d'emplois avec les profits dégagés en 2008. L'autre parce qu'il trouve scandaleux les licenciements annoncés par le groupe pétrolier. Ils ignorent tous deux la loi d'airain des profits. Gagner plus, toujours plus, quel que soit le coût humain : tel est la règle du capitalisme. Et je ne vois pas comment ces deux ministres d'un gouvernement libéral, de droite, instrument du patronant peuvent s'étonner ou s'offusquer de la décision d'un groupe capitaliste qui ne fait que respecter la logique d'un système que leur parti politique défend et soutient de toute son énergie. C'est un peu comme si la CGT désaprouvait les grèves, et les manifestations, sous prétextes qu'elles désorganisent la production.
D'ailleurs, si le révérend père Hirsch et le moraliste Wauquiez sont trop choqués, ils peuvent démissionner du gouvernement Sarkozy et prendre leur carte du PC ou du Parti de Gauche.
Reste que la décision de Total relève d'une logique pornographique. La pornographie, rappelons-le, c'est ce qui relève de l'obcénité ou de la prostitution. Nous sommes avec cette impitoyable logique des riches en plein dedans. Comme Total qui engraisse quelques capitalistes, comme ces promoteurs immobiliers qui vont faire la fête à Cannes sur leurs yacht à Cannes jusqu'à dimanche soir pour le MIPIM, comme Sarkozy et son week-end au Mexique, nous sommes en pleine obscénité. Savez-vous combien gagne un responsable de programme chez un promoteur immobilier, un cadre moyen d'une trentaine d'année ? 100.000 € oar an. Et je vous assure, j'ai pratiqué ce métier : ce n'est pas très compliqué. C'est même assez abétissant. A côté de cette dictature du fric, le dernier des films X paraît bien gentillet. C'est le système capitaliste dans son ensemble qui est pornographique.
L'écriture est, en fait, un pratique ardue. Pour moi, écrire suppose un exercice quotidien. C'est en écrivant que l'on devient écrivain, sans doute. Mais encore faut-il prendre le temps de soigner le style, de temps en temps le vocabulaire, toujours le rythme de la phrase et du récit. Autrement dit, l'écriture d'un livre ne ressemble que bien peu à celle de la brève journalistique que l'on produit souvent pressé par le temps. Pour moi, c'est chaque matin, dans l'idéal de 6 heures à 7h 20, l'heure à laquelle Marina se lève. Et bien, malgré l'effort nécessaire, et que je répète à peu près 365 jours, sur 365, c'est souvent le meilleur moment de ma journée de travail.
Anecdote, lorsque j'ai commencé dans la vie active, c'est-à-dire dans mon premier travail salarié, c'est-à-dire lors de l'entrée dans la condition servile, mon supérieur hiérarchique direct chez SEERI, un certain Philippe Richard, m'avait fait écrire un rapport pour des banquiers, c'est-à-dire des semi-illettrés. Puis, il m'avait convoqué et m'avait dit ; "Monsieur Viellard, vous ne savez pas écrire" sic. Il ne m'aimait pas et je le lui rendais bien. Surtout après avoir vu la version corrigée par ses soins. C'est de ce jour que je compris que les promoteurs immobiliers, dans leur quasi-unanimité, avaient quelques problèmes d'expression. Mais en ce qui le concerne ce n'était pas sa moindre faiblesse.
Aujourd'hui ce personnage est enseignant à la faculté de Marne-la-Vallée, Je plains ses étudiants.
France-Inter a eu la bonne idée d'inviter le seul homme politique digne de ce nom : Robert Badinter.
Pourquoi ? Parce que l'ancien ministre de la Justice, s'avère le seul capable d'élever l'analyse d'une situation à la perspective politique et historique. Il n'y a aucun opportunisme chez cet homme. Aucune de ces visions à courte vue, uniquement dictée par le pathos et la mode, qui transforme la politique en engouement d'un jour ou en peur panique.
Lorsqu'il évoque les prisons, c'est pour conclure que la réforme du monde carcéral ne peut avoir lieu sans amélioration du niveau de vie des plus démunis. Les sociétés ne tolèrent pas que le condamné soit mieux lotis que les couches les plus faibles de la société. D'où les levées de bouclier à chaque fois que l'on parle d'humaniser la condition pénitentiaire.
Pour ma part, depuis la lecture il y a une trentaine d'année de l'Etat SS, de Eugen Kogon, j'en étais arrivé à la conclusion que le système carcéral était à l'image de la société. Plus la personne s-y trouvée dégradée, plus la société et le système économique étaient eux-même dégradants. L'Allemagne nazie, société morbide, ne pouvait engendrer que le camp de concentration. Le Chili de Pinochet au service du patronat et du capitalisme américains, marqué par la misère, ne pouvait déboucher que sur la torture de l'assassinat politique. Car ceux qu'on laissait en liberté étaient contraints à une conduite moutonnière. Quid de la France, sinon de constater l'état misérable dans lequel la République a sombré ? C'est d'ailleurs ce que fait Robert Badinter en s'attendant à ce que la discussion du projet de loi sur les prisons tourne au fiasco et en insistant sur la nécessité de soulager la misère suscitée par la crise avant toute mesure.
Je garde un souvenir inoubliable de l'entretien que j'avais eu avec lui il y a deux ans, lors du Centenaire du PS. L'homme, sa voix, ses attitudes, rellètent une chaleur et un enthousiasme qu'on ne lui soupçonnerait pas.
J'ai découvert les thèses de Samir Amin lorsque j'étais à Sciences-Pô. Bien sûr, rue Saint Guillaume, on passait vite sur cet économiste militant, contradicteur de l'école néo-libérale. Mais pour ma part, ses ouvrages avaient fait partie intégrante de ma formation économique.
Depuis lors, j'ai lu Pour la 5è Internationale. A mon avis, la meilleure grille de lecture des rapports actuels entre Etats, et particulièrement entre le Sud et le Nord. Et la seule piste à explorer pour sortir de la tragédie libérale. Je lui avais de mon côté passé mon Contre Tocqueville et je crois qui l'avait apprécié.
Hier, j'ai fini L'éveil du Sud. Un beau livre de souvenirs, mais surtout d'analyse. Presque un manuel vivant d'économie internationale et de géopolitique. Région par région, pays par pays, les orientations économiques et politique des pays du Sud sont alignés par un des plus fins analystes et praticiens (j'aurais tendance à dire le meilleur) du développement et du socialisme. Bien loin, à l'opposé des commentaires à deux sous que l'on trouve dans les médias et sous la plume des journalistes de connivence.
Un espoir pour conclure ce livre : Samir laisse ouvertes les portes de l'avenir. De mon côté, je crois que l'éveil du sud permettra un jour à nos vieux systèmes trop content d'eux d'évoluer. Si Samir prétend que la barbarie pourrait aussi triompher avec le chaos libéral, je prétends pour ma part que les sentiments humains du peuple lui permettront d'éviter ce gouffre. L'amour, la volonté de vivre, résisteront à mon avis victorieusement des égoïsmes de la poignée de capitalistes qui gouvernent aujourd'hui le monde atroce dans lequel nous nous débattons.
Bravo Samir !
L'acharnement gouvernemental et présidentiel a soutenir l'investissement privé en espérant qu'il débouchera sur des emplois privés frise la crétinerie.
L'investissement privé ne sert que les patrons, les singes comme on disait jadis, qui trouve en lui le meilleur moyen de gonfler leurs comptes en banque et de gaspiller un peu plus d'argent en bourse ou dans l'achat de Rollex en or. D'ailleurs, si l'un quelconque des guignols gouvernementaux consultaient trente secondes les statistiques de l'INSEE, il pourrait constater que les investissements dans les créations d'entreprise ne conduisent nullement à des embauches. La création d'entreprise n'a d'autre but que de satisfaire le goût du lucre des aspirants patrons. Depuis 2002, le nombre de créatins de société sans embauche a augmenté de 61 %. Il est donc archi-faux de prétendre comme le petit Nicolas l'affirme que l'investissement et la création d'entreprise sont les clés de l'emploi. C'est l'investissement public qui permettrait de créer des emplois, un investissement public fondé sur le seul souci de l'intérêt général.
L'entreprise ce n'est en soi qu'une abstraction qui prend une forme juridique, celle de société ou d'entreprise personnelle. Pas la peine d'en faire par antropomorphisme une personne douée d'une volonté propre ou d'un destin tragique. J'ai déjà déjeuné avec des patrons, jamais avec une entreprise. Dans le meilleur des cas, elle est l'instrument économique d'exploitation des salariés-esclaves par les patrons.
Le seul, l'unique voie pour sortir de l'aliéantion de la quasi-totalité des gens par une infime minorité consiste comme le préconnisait Marx ou Jaurès en France en la suppression de l'entreprise privée et du salariat-esclavage. Et son remplacement par un lien participatif entre les employés d'unités de production et de gestion publiques. Chaque personne mettant sa force de travail au service d'activité d'intérêt public, et non au service de la plus grande gloire d'un patron. Et chacun dans ce cadre aurait ainsi son mot à dire sur la gesteion de l'unité.
